Alice au pays des mers

Surf, paddle, kite, plongée… l’eau est son élément de prédilection. Elle s’y sent à sa place, chez elle en quelque sorte. Et pour cause… Alice HAMON, infirmière dans le service de Médecine Hyperbare de l’Hôpital Sainte-Marguerite, a grandi sur un bateau jusqu’à ses huit ans ! Elle s’est ainsi familiarisée très tôt avec l’environnement aquatique, pour lequel elle a développé une véritable passion.

« J’ai conservé de cette période une sensation de liberté, de bien-être, de détente qui m’envahit dès que je suis en mer. Je me souviens de cette joie que j’éprouvais lorsque, accrochée à une corde à l’arrière du bateau en train de naviguer, j’avançais avec des dauphins qui fendaient l’eau tout autour »

A l’AP-HM depuis maintenant 6 ans, elle intègre d’abord le pôle Psychiatrie à l’Hôpital de la Conception, puis est naturellement attirée par le service de Médecine hyperbare dirigé par le Pr. Mathieu COULANGE :

« Le Pr COULANGE a une pratique très diversifiée : hyperbarie mais aussi soins d’urgences en milieu maritime, études cliniques sur les bénéfices de la plongée, notamment pour les personnes victimes de stress post-traumatique… les activités du centre hyperbare sont multiples et passionnantes ».

L’équipe est composée de 8 infirmiers, 5 médecins et 2 internes. Il n’y a pas de techniciens, ce qui veut dire que la gestion de tous les paramètres des caissons, leur manipulation et leur fonctionnement est assurée par les infirmiers, également formés à la pratique des soins à l’intérieur même des caissons.

« C’est un vrai travail d’équipe, basé sur la confiance, la précision, la vigilance. Les caissons peuvent servir à la cicatrisation des plaies, en cas de lésion de tissus, d’infections osseuses… et il y a aussi une part de médecine d’urgence, comme par exemple la prise en charge des accidents de plongée ou des intoxications au monoxyde de carbone »

Bien sûr, lorsqu’elle ne travaille pas, c’est sur l’eau que se trouve Alice :

« Ce que j’aime c’est cette impression de légèreté que procure la glisse. On apprend à lire un élément mouvant, à faire avec lui, à l’accompagner sans jamais le contrer. Il faut avoir tous ses sens en éveil ! Et puis il y a le côté convivial, le partage »

En pratiquant de manière assidue, elle a été un témoin privilégié de la popularisation du foil et de ses conséquences. Il s’agit d’un aileron qui permet de décupler la vitesse et les sensations, donnant l’impression de planer au-dessus de l’eau. Son utilisation nécessite beaucoup de vigilance et de maîtrise. Mauvaises chutes, collisions, conditions météorologiques inappropriées… autant de facteurs pouvant causer, selon la vitesse de déplacement, fêlures, lésions, entorses plus ou moins graves.

« J’ai déjà vu une planche de surf coupée en deux par un foil ! J’ai eu envie de lancer une étude sur les risques de la pratique, pour savoir comment mieux prévenir ce type d’accidents. Un jour, nous avons eu comme patient le papa de l’un des 10 meilleurs français en windsurf. Nous avons sympathisé et cela m’a permis de rencontrer et d’interviewer beaucoup de personnes du milieu ».

Une étude qui intéressera non seulement les professionnels, mais aussi tous les adeptes de la glisse et qui a déjà fait l'objet d'un article sur le blog Surf-prevention.com