Une infirmière psy primée pour son mémoire de fin d’études

Enfiler sa blouse en commençant sa journée de travail, est-ce un geste banal ? Pas pour Caroline BLANC, qui a consacré son mémoire de fin d’études à l’IFSI Sud à « l’influence de la blouse blanche dans l’exercice infirmier ». Ce sujet original et son enquête rigoureuse ont séduit le jury du CEFIEC (Comité d’entente des formations infirmières et cadres), qui lui a attribué le trophée régional.
 

Aujourd’hui, Caroline est heureuse de travailler en psychiatrie dans le service DASSA 1 à la Conception, forte de ses années d’études de psychologie avant d’intégrer la promotion 2012-2015 de l’IFSI Sainte-Marguerite.

La rédaction de son mémoire lui a permis d’évaluer l’importance du port de la blouse blanche à la lumière de la psychologie, mais aussi de l’histoire, de la sociologie ou encore de  l’hygiène.

 

« J’ai interrogé mes collègues travaillant dans les services les plus divers,  afin de savoir s’ils étaient les mêmes avec ou sans blouse ». En une trentaine de pages, Caroline a synthétisé leurs réponses et fait émerger le concept de « cognition incarnée » : les vêtements sont capables de modifier la conduite de celui qui les porte.


 

Un outil de soins à part entière :


« Pour tous les paramédicaux que j’ai rencontrés », raconte Caroline, « la blouse blanche est un outil de soins à part entière. A elle seule, elle installe la relation soignant / soigné. C’est un outil identitaire important ». Une soignante témoigne : « quand j’enfile ma blouse, je ne me permets pas tout. Je représente des valeurs, un code, un établissement. L’attitude, le langage, la gestuelle, changent ». « Elle nous permet d’entrer dans notre rôle », ajoute un infirmier. « C’est presque un costume de scène. Elle est synonyme de compétence, de savoir professionnel ».

Le vêtement permet aux patients d’identifier à coup sûr le soignant, comme autrefois les robes de bure portées par les religieuses. La blouse est aussi un instrument d’hygiène protecteur. Elle peut dans certains cas être une protection pour le soignant, un garde-fou qui installe une distance avec le patient. 
 

Pendant son stage en psychiatrie, Caroline ne portait jamais de blouse. Aujourd’hui, elle ne la revêt pas systématiquement.  « Quand on passe toute la journée avec des patients en psychiatrie, les rapports ne sont pas les mêmes que dans un service « somatique ». Le port de la blouse induit alors une distance qui ne se justifie pas pour des activités ou des discussions ».

Un chapitre de plus à ce mémoire qui devrait passionner les futurs infirmiers. 
 

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