
Le Dr Pauline Romanet, MCU-PH médecin biologiste spécialisée en génétique moléculaire, vient d’obtenir un financement national de l’Inserm qui lui permettra de dégager davantage de temps pour ses travaux de recherche. Cette reconnaissance souligne à la fois son engagement scientifique et le dynamisme de son laboratoire et de l’hôpital dans le domaine des maladies rares endocriniennes.
Le Dr Romanet exerce au sein du laboratoire GENoPé, dirigé par le Pr Anne Barlier, laboratoire référent pour les maladies rares endocriniennes, tumorales et déficitaires, situé au Biogénopôle Timone, dirigé par le Pr Bruno Lacarelle. Elle mène parallèlement ses activités de recherche au sein de l’unité mixte UMR 1251 Marseille Medical Genetics [3] (MMG), dirigée par le Dr Frédérique Magdinier dans l’équipe MoPED, dirigée par le Pr Anne Barlier. Ses travaux portent sur les pathologies hypophysaires, et plus particulièrement sur les formes génétiques prédisposant au développement de tumeurs, en lien étroit avec le Centre de Référence des Maladies Rares de l’Hypophyse (CRMR Hypo), dirigé par le Pr Thierry Brue.
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Lauréate cette année du concours national CIHU de l’Inserm, destiné aux hospitaliers et hospitalo-universitaires, le Dr Romanet bénéficie d’un contrat d’interface permettant de libérer du temps de recherche grâce à la prise en charge d’une partie de son activité hospitalière. D’un montant de 40 000 euros par an pendant cinq ans, ce financement permet à l’hôpital de recruter un praticien pour assurer une partie de son activité diagnostique, lui offrant à compter du 1er avril, deux jours supplémentaires par semaine pour approfondir ses travaux de recherche.
Le projet soutenu repose sur le développement de modèles innovants appelés organoïdes hypophysaires. Il s’agit de structures cultivées in vitro à partir de cellules humaines, reprogrammées puis différenciées en cellules hypophysaires. Le laboratoire MMG dispose à Marseille d’une plateforme spécialisée dans la reprogrammation cellulaire, l’une des rares labellisées en France. Ce travail de modélisation hypophysaire a été initié par le Pr Thierry Brue et le Pr Frédéric Castinetti sur les déficits hypophysaires. Le Dr Pauline Romanet le poursuit sur le versant tumoral grâce à un financement ANR JCJC qu’elle a obtenu en 2023.
Ces modèles permettent de comparer le comportement de cellules normales à celui de cellules porteuses de mutations génétiques. Grâce aux outils de génétique moléculaire, notamment la technologie CRISPR-Cas9, des mutations ciblées peuvent être introduites afin d’en observer les effets.
« L’un des objectifs majeurs est de réduire les impasses diagnostiques en génétique. Certains patients présentent des variants dont on ne sait pas s’ils sont responsables de la maladie. Les tester dans ces modèles permet de déterminer s’ils entraînent ou non le développement de tumeurs hypophysaires » (Dr Pauline Romanet).
À plus long terme, ces travaux visent à mieux comprendre les mécanismes des tumeurs hypophysaires, dont le comportement reste difficilement prévisible.
« Leur croissance est généralement lente et elles métastasent peu, mais certaines formes peuvent se montrer plus agressives, sans que les raisons soient encore bien comprises. »
Les organoïdes pourraient également servir de plateforme pour identifier de nouveaux gènes de prédisposition tumorale, étudier certaines résistances aux traitements ou analyser les effets de perturbateurs endocriniens sur l’hypophyse.
Dans le cadre du plan France Génomique 2025, de nouveaux gènes candidats pourraient être identifiés dans les préindications concernant les hypersécrétions ou les déficits hypophysaires, puis évalués expérimentalement grâce aux organoïdes développés à Marseille.
Aujourd’hui, l’équipe marseillaise fait figure de référence internationale : elle est la seule en Europe à développer des organoïdes hypophysaires, avec seulement quelques équipes engagées dans cette approche à l’échelle mondiale. Ce financement de l’Inserm vient ainsi renforcer une dynamique de recherche translationnelle dont les retombées pourraient, à terme, bénéficier directement aux patients
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[3] https://www.marseille-medical-genetics.org/fr/
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