
Détecter, soulager, traiter et, le cas échéant, sauver. Résumer le travail des professionnels des urgences à ces actions évidentes serait restrictif, car il implique aussi d’accueillir, d’accompagner, d’orienter, parfois de protéger ou d’alerter. Tout particulièrement lorsqu’il s’agit de personnes vulnérables, isolées, en situation de détresse ou de crise.
Depuis cinq ans, une équipe d’infirmières gériatriques est présente aux urgences sept jours sur sept afin de prendre en charge les personnes âgées de plus de 75 ans, en particulier celles qui présentent des troubles cognitifs ou du comportement, un syndrome confusionnel ou pour lesquelles le maintien à domicile est difficile. Le dispositif permet aux patients, dans ce moment particulièrement déstabilisant, de bénéficier d’une évaluation globale, qui tient compte de toutes les dimensions de la personne et de son contexte de vie.
Sur leurs comptes-rendus, les infirmières gériatriques indiquent ainsi pour chaque patient, avec beaucoup de précision, le motif d’hospitalisation, ses antécédents et traitements, s’il est suivi, par quel spécialiste et dans quelle structure, son mode et lieu de vie, son degré d’autonomie, la présence ou non de son entourage, les aides dont il dispose, s’il est appareillé, son orientation dans le temps et dans l’espace, la qualité de son sommeil, son bilan biologique, son état cutané… C’est à partir de l’ensemble de ces éléments que l’orientation est pensée et mise en place. Les comptes-rendus sont systématiquement envoyés au médecin traitant via une messagerie sécurisée.
Amandine Boivin occupe ce poste d’infirmière gériatrique aux urgences de la Timone depuis maintenant trois ans. À la suite d’Hélène Faucon [3], elle coordonne aujourd’hui le dispositif et assure la formation des nouvelles recrues.
« Nous avons vraiment une approche holistique de la personne. Cette évaluation permet d’une part de réduire le temps de passage aux urgences, et d’autre part de proposer une orientation adaptée ou un retour sécurisé au domicile. Nous effectuons un bilan complet et portons une attention véritablement personnalisée à chaque patient, tout en faisant le lien entre la ville et l’hôpital. Nous prévenons d’éventuelles admissions futures. »
En coordonnant le parcours de soins, en collaboration avec l’équipe mobile de gériatrie, les différents services de l’AP-HM mais aussi les structures partenaires, les infirmières gériatriques accomplissent un travail fondamental qui bénéficie non seulement aux patients, mais aussi à leurs familles et à leurs aidants, parfois eux-mêmes en situation d’épuisement. Elles peuvent intervenir de leur propre initiative ou être sollicitées par les médecins, les internes, les infirmières et les aides-soignants, bien souvent dans un contexte de chutes répétées ou de chutes ayant entraîné une perte d’autonomie.
Amandine Boivin est dans une dynamique permanente d’amélioration du dispositif. À ce titre, elle a récemment créé des brochures réunissant l’ensemble des informations pratiques destinées aux patients et à leur entourage. Les brochures se déclinent en 5 grandes thématiques :
Où se rendre ? Quelles aides est-il possible d’obtenir ? Où retrouver les formulaires, informations et documents essentiels ? Toutes ces renseignements sont inclus dans les brochures, avec un système de QR codes permettant d’accéder directement aux démarches essentielles. La première page donne une description succincte de la pathologie. Une autre permet d’accéder aux principales associations d’aide aux patients et à leurs proches. Un volet est aussi consacré aux infirmiers libéraux, tandis que se retrouvent dans d’autres parties les démarches pour demander un bracelet de téléassistance en cas de risque de chute, une aide-ménagère, la mise en place de mesures de protection juridique ou encore une admission en EHPAD. Enfin, un lien vers l’association A3 « Aide Aux Aidants » est également présent, toujours sous la forme d’un QR code à scanner avec son téléphone.
« L’idée est de compléter notre intervention d’infirmières gériatriques par un document que les patients et leurs proches peuvent emmener et sur lequel ils pourront s’appuyer. Lors du passage aux urgences, ils sont en situation de stress et reçoivent beaucoup d’informations. Les brochures regroupent l’essentiel, elles fournissent un support rassurant. »
Au-delà de l’évaluation clinique, l’intervention des infirmières gériatriques assure une continuité entre les urgences, l’hôpital, le domicile et l’ensemble des acteurs du parcours de soins. En prenant en compte la personne dans sa globalité et en anticipant les difficultés susceptibles de survenir après son passage aux urgences, elles contribuent à sécuriser son orientation, à soutenir ses proches et à préserver, autant que possible, son autonomie.
Links
[1] https://fr.ap-hm.fr/print/824844
[2] https://fr.ap-hm.fr/printpdf/824844
[3] https://fr.ap-hm.fr/des-infirmieres-geriatriques-aux-urgences
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[7] mailto:?subject=Infirmières gériatriques aux urgences : accompagner la personne âgée au-delà du soin&body=https://fr.ap-hm.fr/print/824844