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Patrice Bourgeois éclaire les enjeux du clonage dans E=M 6²

Publié le :
24/07/2026 à 11:09

Rendre accessibles des sujets scientifiques complexes sans en dénaturer la rigueur est un exercice délicat. Docteur en biologie moléculaire au Biogénopôle de l’AP-HM, Patrice Bourgeois en a fait l’une de ses spécialités, s’attachant depuis de nombreuses années à rendre la génétique accessible au plus grand nombre. Régulièrement invité dans les médias pour décrypter les avancées de la génétique, il sait expliquer avec clarté des questions qui concernent chacun d’entre nous.

Patrice Bourgeois Docteur en biologie moléculaire au Biogénopôle de l’AP-HM

Patrice Bourgeois Docteur en biologie moléculaire au Biogénopôle de l’AP-HM

Depuis vingt ans à l’AP-HM, Patrice Bourgeois contribue à l’organisation et au développement du séquençage à haut débit. Il enseigne également la génétique aux étudiants en soins infirmiers et a publié plusieurs manuels destinés à leur formation. C’est son adaptation française de l’ouvrage américain La génétique pour les Nuls qui lui a ouvert les portes des médias. Pendant plus de dix ans il a, entre autres, animé sur France 3 Provence-Alpes une chronique intitulée Les bizarreries du vivant, consacrée aux grandes questions de biologie et de génétique.

Cette expertise pédagogique lui vaut aujourd’hui d’être régulièrement sollicité par des émissions de télévision et des magazines spécialisés. Dernièrement, M6 lui a demandé d’intervenir dans un épisode de l’émission E=M 6² consacré au clonage.

À travers un format de douze minutes, l’émission revient sur les techniques de clonage développées depuis la naissance de Dolly, premier mammifère cloné en 1996, et montre leurs applications, leurs limites et les questions éthiques qu’elles soulèvent. Patrice Bourgeois y apporte son éclairage scientifique aux côtés du présentateur Mac Lesggy.

Des travaux récents suggèrent que les clonages successifs pourraient peu à peu favoriser l’émergence d’anomalies génétiques ou épigénétiques susceptibles d’affecter la viabilité des individus. Les chercheurs s’interrogent ainsi sur les limites biologiques du clonage.

« Plusieurs mécanismes sont avancés pour expliquer ces observations. Parmi eux, le raccourcissement des télomères continue de faire l’objet de recherches. Lors d’un clonage, la cellule reprogrammée conserve une partie de son histoire biologique, ce qui pourrait contribuer, parmi d’autres processus, au vieillissement prématuré observé chez certains clones. Un clone repart en quelque sorte à zéro, mais avec de vieux chromosomes. En outre, quand les cellules interagissent avec le milieu, leur ADN est altéré et certaines mutations échappent aux mécanismes de réparation. »

Si le clonage présente des limites et reste controversé sur le plan éthique, il a assurément permis une meilleure compréhension des cellules et de leur comportement. De nouvelles approches ont d’ailleurs été développées et sont aujourd’hui privilégiées. C’est sans doute, là, l’une des parties les plus intéressantes de l’émission :

« Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas aujourd’hui une thématique si actuelle, en tout cas du point de vue de la médecine. Au début des années 2000, beaucoup de laboratoires étaient en concurrence sur la question du clonage. Mais le développement des cellules souches pluripotentes induites (iPS) a largement réduit l’intérêt du clonage à visée thérapeutique. »

Ces avancées trouvent déjà des applications concrètes à l’AP-HM. Plusieurs équipes développent aujourd’hui des projets en génétique, thérapie génique et thérapie cellulaire. Le Biogénopôle travaille avec la plateforme de cellules souches du laboratoire Marseille Medical Genetics, tandis que le Laboratoire de culture et thérapie cellulaire de l’Hôpital de la Conception conduit plusieurs essais innovants. Le Centre de référence des maladies du globule rouge, au Biogénopôle, gère également des essais de thérapie génique avec des cellules modifiées.

Actuellement, le Dr Patrice Bourgeois se consacre quant à lui plus spécifiquement à l’interprétation des données de séquençage d’ADN à très haut débit au Biogénopôle.

« À la Timone, nous avons mis en place en 2023 le séquençage de l’exome grâce au séquençage à très haut débit. Il consiste à analyser l’ensemble des régions codantes de nos gènes. Et nous allons prochainement être équipés d’une nouvelle machine capable d’analyser de très grands fragments d’ADN, ce qui nous permettra de passer encore à une autre échelle. Cela s’appelle le séquençage Long Read (grands fragments). Cette technologie facilite l’identification de variations génétiques jusque-là difficiles à détecter. »