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Le souvenir qu’on laisse : l’impact concret d’une mission en Tanzanie

Publié le :
12/03/2026 à 11:30

Et si la portée de notre passage sur terre se mesurait à la qualité des souvenirs qu’on laisse ?

C’est cette conviction qui soutient l’engagement d’Andrea Reta depuis plus de 12 ans. D’abord investi dans le milieu associatif marseillais, notamment pour l’organisation de maraudes pour les personnes sans-abris, ce jeune commercial de 30 ans a décidé, avec l’aide de ses proches, de fonder une association humanitaire : Souvenir qu’on laisse.

Au cours d’un séjour en Tanzanie, il découvre l’école Masia Mamba et le village attenant. C’est un coup de cœur. Depuis maintenant 3 ans il accompagne, soutient et aide cette structure du mieux qu’il peut. 132 enfants de 2 à 13 ans en dépendent pour leur éducation et leur avenir. L’association organise une à deux missions par an dans cette école. Une mission de dix jours est en cours en ce moment même, à laquelle participent Christine Salichon, IADE polyvalente à l’Hôpital de la Timone, et sa fille, Johanna.

« C’est ma fille, qui connaît bien Andrea et son association, qui m’a convaincue de participer à l’aventure. J’avais déjà participé à deux missions humanitaires au Maroc avec l’AMDAM, en 2018 et 2022, aux côtés de Julia Javelaud. Mais le fait de partir avec ma fille rend ce séjour tellement spécial. C’est merveilleux de pouvoir réaliser ce projet avec elle. Même si les situations auxquelles nous sommes confrontées sont souvent compliquées, nous voulons donner du temps, de l’amour, de la bienveillance… et de l’espoir. » (Christine)

En tant qu’infirmière, Christine a évidemment un rôle de sensibilisation et d’évaluation des besoins de santé. Elle assure la prise en charge de tous les petits bobos du quotidien et oriente les enfants et parents vers des centres de santé en cas de problématique plus sérieuse (une jeune fille qu’elle a rencontrée souffre, par exemple, d’une hernie ombilicale). Elle aborde aussi des questions d’hygiène et de nutrition avec les enfants et leurs parents.

« Mais sans jamais donner de leçons ou imposer des directives. Je veux les amener à se poser les bonnes questions et à trouver des solutions par eux-mêmes. Avec ma fille, nous voyons chaque enfant et créons des fiches nominatives incluant leurs besoins : chaussures, vêtements, sac à dos… J’en profite à ce moment-là pour examiner leur état de santé. On travaille beaucoup en mission, mais c’est une expérience très gratifiante, qui permet de remettre les choses à leur place. Et puis être infirmière, c’est faire passer l’humain avant tout ! »

Christine est la personne idéale pour une mission de ce type. Infirmière anesthésiste depuis 2013, elle aime la polyvalence du bloc qui l’amène à travailler en chirurgie vasculaire, neurologique, cardiologique ou encore digestive. Ne pas s’enliser dans la routine, se remettre constamment en question et s’adapter. Son parcours de vie atypique ne se résume d’ailleurs pas à l’hôpital : elle a travaillé dans la restauration pendant 5 ans à Marseille, a été secouriste bénévole pour l’Union Nationale des Associations de Secouristes et Sauveteurs, a fait du théâtre…

Sur place, Johanna se charge en outre de l’enseignement du français et s’assure de la distribution des kits scolaires pour faciliter l’apprentissage des enfants. Un conteneur de jouets, vêtements et matériel informatique sera acheminé courant 2026 pour subvenir aux besoins évalués lors de la mission. Car à Masia Mamba, l’école manque de tout. L’établissement a été construit dans les années 60 et n’a jamais été rénové. Toit qui fuit, sanitaires insalubres, absence de réfectoire et d’équipements sportifs… Grâce aux dons et à l’engagement de ses membres, une partie des travaux a déjà pu être mise en œuvre.

« Les enfants mangeaient debout ou à même le sol. Il n’y avait pas de système électrique. Ces travaux ont pu être réalisés mais il y a encore beaucoup à faire. Christine et Johanna ont aussi pour mission de suivre les différents chantiers et d’évaluer les besoins éventuels. » (Andrea)

Un autre projet important sera l’achat d’un terrain agricole et d’un poulailler, l’idée étant d’amener, à terme, cette petite communauté éloignée de tout (depuis la France, 48 h de voyage sont nécessaires pour parvenir sur place) vers une certaine autosuffisance.

« Nous ne sommes que de passage. Ce qui restera au final, c’est le souvenir qu’on laisse aux autres, par nos actions, notre engagement concret auprès d’eux. » (Andrea)

À voir le sourire des enfants sur les photos envoyées par Christine, on ne doute pas que l’empreinte sera durable, des deux côtés.

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