Jonathan Lefevre, montrer l’effort avant les muscles
Jonathan Lefevre a connu un parcours professionnel très mobile au sein de l’AP-HM. Il débute à la Timone, passe par la réanimation puis les urgences à la Conception, avant de s’éloigner temporairement du milieu hospitalier pour occuper un poste d’adjoint de direction en supermarché. Il revient ensuite à l’hôpital comme brancardier au bloc à Nord, puis rejoint de nouveau la Conception, entre bloc opératoire et radiologie. Après la crise Covid, il passe par le laboratoire avant d’intégrer les services économiques en décembre 2020.
Aujourd’hui, il réceptionne les livraisons de la plateforme logistique et les redistribue dans les services : matériel de bloc, lits, fauteuils, consommables… Un poste au plus près du fonctionnement quotidien de l’hôpital.
Pendant longtemps, la musculation n’était pour lui qu’une pratique pour s’entretenir physiquement et s’aérer l’esprit. L’idée de compétition n’a germé que tout récemment mais elle s’est rapidement imposée dans chacune des strates de sa vie, dans chaque fibre de son corps.
« Au départ, c’était juste de la curiosité. J’ai vu un ami participer à un concours et j’ai tout de suite accroché, je me suis dit : pourquoi pas moi ? Pour mes 40 ans, j’avais envie de me lancer un véritable défi personnel. »
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Le 6 janvier 2026, après avoir consulté son coach et longuement discuté avec lui des implications d’une telle démarche, l’idée devient projet. Son rythme de vie change alors du tout au tout. Alimentation stricte, entraînement quotidien, suivi permanent, chaque journée est calibrée et les horaires doivent être scrupuleusement respectés. La préparation est entièrement structurée par son coach, Marcel Chayard, au New Institut Longchamp.
« On n’est plus du tout dans la musculation classique. On ajuste en permanence en fonction de la pesée matinale à jeun. J’envoie une photo de chacun de mes repas à mon coach. J’ai toujours un ou deux repas sur moi, dans des Tupperware, au cas où il y aurait un bouchon sur la route par exemple, pour pouvoir me garer et tout de même manger à l’heure prévue. Tout est contrôlé au détail près. C’est une démarche très contraignante, mais aussi un accompagnement humain incroyable. »
Père d’une adolescente de 15 ans et d’un enfant de 2 ans et demi, Jonathan doit ainsi composer entre exigences sportives, activité professionnelle et vie de famille.
« On ne mange plus comme les autres, ni forcément aux mêmes moments. Les restaurants, les anniversaires, tout devient un peu compliqué. Mais j’ai la chance d’avoir une famille prête à me suivre et à faire tous les ajustements nécessaires. Une bonne communication est essentielle pour dépasser les tensions et les inévitables frustrations. »
Mais le sport est avant tout un support de transmission. Quand il répète ses poses à la maison, son fils reproduit les postures en miroir, ce qui donne souvent lieu à des moments de complicité et de franche rigolade. Sa fille, quant à elle, suit son parcours avec beaucoup d’attention, le voit changer semaine après semaine et prend la mesure d’un tel investissement. Elle assiste aux compétitions avec fierté.
« Ce que je veux leur montrer, c’est qu’il n’y a pas d’âge pour se lancer dans un projet. À 40 ans, on peut encore décider d’entreprendre quelque chose de complètement nouveau. Ce n’est pas la performance qui compte le plus, mais cet engagement et cette confiance. »
La performance, cependant, est bien au rendez-vous : il termine 4e à la finale des championnats de France IFBB, se classe 2e au Grand Prix Prestige d’Avignon puis termine 3e au Ripert’s Body Show à La Ciotat. Des résultats inespérés pour un nouveau venu comme lui, qui le qualifient à différents championnats internationaux.
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Pour Jonathan, dont le tempérament est plutôt réservé, le plus dur n’est pas la phase de préparation mais la scène. Le posing, l’exposition, le regard des autres… il doit aller chercher une présence qui n’est pas naturelle pour lui et il l’admet volontiers : « C’est mon point faible, mais ça fait partie de l’aventure. Et surtout, j’ai découvert un milieu où l’ambiance est bien plus cordiale que compétitive. »
Les athlètes échangent des conseils à propos de leur pratique, se montrent bienveillants et respectueux les uns envers les autres. Des instants simples et touchants émaillent ces événements : ses enfants et sa compagne dans les tribunes, sa mère venue exprès le voir. Leurs encouragements… La fierté dans leur regard.
Il retient également l’importance du lien avec son coach, figure omniprésente, structurante, centrale. Une relation de confiance qui dépasse largement le cadre sportif.
« Je trouve dommage que dans cet univers de la musculation, la jeune génération cherche d’abord à imiter le premier venu en vidéo sur les réseaux au lieu d’écouter les anciens. Un accompagnement réel est nécessaire, par un professionnel. C’est un apprentissage. Sans mon coach, je n’aurais jamais réussi. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir permis de vivre une aventure aussi marquante. »
Après les compétitions, le rythme retombe, le corps se réajuste et la vie reprend sa place. Mais les objectifs pour la suite ne sont jamais bien loin et, surtout, quelque chose reste profondément ancré : la capacité de tenir bon, d’aller au bout, de se transformer.




