Violences sexistes et sexuelles : une commission dédiée à l’AP-HM
Les violences sexistes et sexuelles (VSS) sont susceptibles de prendre, à l’Hôpital comme ailleurs, de multiples formes. Remarques déplacées, dénigrement, harcèlement… Ces violences peuvent être le fait de collègues, de supérieurs hiérarchiques ou encore de patients, qui n’ont pas toujours pleinement conscience de la portée de leurs mots et de leurs agissements. Pour autant, aucune de ces violences n’est excusable et aucune ne doit être passée sous silence ou minorée. Le sexisme dit « ordinaire » n’a plus sa place.
La Commission médicale d’établissement de l’AP-HM a souhaité faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles un enjeu majeur. Elle a ainsi chargé le Dr Alizée Porto, déjà référente de l’égalité professionnelle à l’AP-HM et engagée de longue date contre les VSS, de constituer une commission spécifique pour apporter des réponses concrètes à ces problématiques.
« Nous travaillons en lien étroit avec la CME mais aussi la Direction Générale, la Direction des Affaires Médicales et la commission Qualité de Vie au Travail. Nous avons défini deux axes de travail essentiels : formation, information, sensibilisation d’une part, et signalement d’autre part. » (Dr Alizée Porto, chirurgienne cardio-thoracique)
La formation commence par les membres de la commission eux-mêmes, afin qu’ils disposent de toutes les connaissances nécessaires pour appréhender ces problématiques de manière globale et efficace. Parmi les premières actions mises en œuvre, une enquête anonyme est lancée afin de recueillir le vécu et le ressenti du personnel au sein des services. Un violentomètre a été conçu à cet effet, permettant d’évaluer le niveau de violence pouvant encore s’exprimer, que ce soit au quotidien ou de manière plus ponctuelle. A terme, le violentomètre sera mis à disposition directement dans les services. L’objectif est de donner des outils au personnel pour qu’il soit à même d’identifier les situations inacceptables. La documentation inclura naturellement les procédures de signalement.
« Dans les services et les pôles concernés par le sexisme, nous envisageons d’organiser des théâtres-forums. Ce sont des troupes de théâtre spécialisées dans les VSS qui mettent en scène des situations concrètes. Le personnel médical et paramédical est sollicité pour interagir avec les acteurs et trouver avec eux des solutions pour prévenir ces comportements et instaurer un climat de travail plus sain. Ce type de médiation est déjà utilisé avec succès dans différentes structures, notamment à l’AP-HP à Paris par exemple. »
Dans le cas des événements graves comme le harcèlement, la commission aura pour rôle de relayer les signalements, de participer aux auditions et aux convocations pour représenter le corps médical, de suivre les procédures et veiller à ce qu’aucune situation ne soit occultée. Les procédures de signalement et leur traitement seront en outre améliorés. Il existe déjà un formulaire en ligne garantissant aux victimes une prise en compte rapide de leur parole et une totale confidentialité.
La commission est actuellement composée des docteurs :
- Marine Gaudry
- Nicolas Bonte
- Florent Poirson
- Alizée Porto
- Manuela Benard-Tertrais
- Axel Court
Elle est ouverte aux médecins de l’ensemble des sites de l’AP-HM.
Poids de la hiérarchie, résistances, transmission des comportements inadaptés par compagnonnage… Les freins sont encore nombreux mais les mentalités évoluent :
« De plus en plus de femmes sont nommées cheffes de service, la parole tend à se libérer. A nous d’accompagner au mieux cette dynamique et de faire en sorte que l’hôpital ne soit pas en retard sur ces enjeux sociétaux majeurs. »




