Itinéraires de vélotafeurs et vélotafeuses : Elsa
Infirmière référente de soins au sein du service de réanimation polyvalente du Pr Velly à l’Hôpital de la Timone, Elsa Simoncini occupe un poste clé, à la croisée de nombreuses missions.
« Coordination des lits et des soins, formation des équipes, lien avec les médecins, gestion de la pharmacie et du biomédical… Nous intervenons en fin de compte à tous les niveaux ! Quand les cadres ne sont pas là, nous gérons aussi les absences… ».
Fidèle à l’AP-HM depuis le début de sa carrière, elle a débuté en réanimation à la Timone il y a 24 ans, après y avoir déjà effectué ses stages en tant qu’étudiante. Elle a connu les rythmes de jour, de nuit, l’alternance, ainsi qu’une parenthèse de deux ans à la Conception, en service de plasmaphérèse, avant de revenir à la réanimation.
Il y a deux ans, Elsa décide de passer de nuit pour reprendre ses études. Après une licence réalisée à distance, elle s’engage dans un master de psychologie sociale de la santé, nécessitant une présence à la faculté. Une décision exigeante, motivée par un objectif clair : pouvoir accompagner les soignants sur le plan psychologique.
« C’est une demande que je ressens autour de moi. Dans mon poste actuel, je suis en coordination et donc détachée des soins. Cela m’amène à beaucoup échanger avec les professionnels. Il y a un vrai besoin d’écoute et de soutien. »
En réanimation polyvalente, certaines situations peuvent en effet être particulièrement éprouvantes. Continuer à soigner malgré des expériences parfois traumatisantes demande une grande résilience… mais aussi un espace d’écoute et de parole à la fois sûr et bienveillant.
« Ce n’est pas évident de tout combiner : formation, travail et vie privée… je suis parfois épuisée mais ma motivation reste très forte. Et quand j’en parle autour de moi, tout le monde m’encourage et me dit combien les attentes sont grandes. »
C’est dans ce quotidien intense que le vélo a trouvé toute sa place. Elle s’y met en 2014 lors de son passage à la Conception, alors confrontée aux difficultés de circulation et de stationnement.
« Venir en voiture était devenu trop compliqué et pénible. J’ai acheté un vélo pliant pour aller travailler… et je n’ai jamais arrêté. »
Aujourd’hui, elle l’utilise presque tous les jours, même en horaires de nuit.
« La seule période où je fais une pause c’est en janvier, quand il fait vraiment froid. Sinon, je viens soit en courant, soit à vélo. Je ne supporte plus de conduire. »
Son trajet d’environ 20 minutes est aussi un moment à part.
« Je passe par le parc Borély où je peux observer les canards, les paons… c’est vraiment agréable. Ensuite, je remonte le Prado jusqu’à Castellane, puis je tourne vers Baille. Mon père allait tous les jours travailler à vélo. Je pense qu’il m’a inspirée, ou au moins permis de me dire : “Pourquoi pas moi ?” Et puis je suis assez sportive : même si 12 km aller-retour ce n’est pas énorme, ça me permet d’avoir une vraie coupure, un moment de détente. »
Si son vélo pliant a depuis rendu l’âme, elle a pu récupérer celui de son fils, plus robuste et adapté aux aléas du trajet urbain. En partageant son expérience, elle contribue aussi à faire évoluer les habitudes autour d’elle.
« J’ai réussi à motiver une amie, nous faisons maintenant une partie du trajet ensemble. Petit à petit, ça se développe, même dans le service. Ainsi d’autres se disent à leur tour : “Et pourquoi pas moi ?” »




