Mavacamten : Un traitement prometteur dans la cardiomyopathie hypertrophique obstructive

Dans une étude menée au centre de référence des cardiomyopathies et troubles du rythme cardiaque héréditaires ou rares de l’AP-HM, l’équipe du Pr HABIB a évalué les effets du mavacamten chez des patients atteints de cardiomyopathie hypertrophique obstructive. Les résultats révèlent une amélioration de la fonction diastolique après cinq mois de traitement.

 

La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) est une affection cardiaque caractérisée par un épaississement anormal du muscle du cœur. On distingue principalement deux formes : la CMH non obstructive et la CMH obstructive (CMHo). Dans cette dernière, l’épaississement du muscle, en particulier au niveau du ventricule gauche, entraîne une obstruction qui perturbe la circulation sanguine entre le cœur et le reste de l’organisme.

 

La CMHo est liée à une mutation affectant l’un des gènes codant pour les protéines du muscle cardiaque, telles que la myosine ou l’actine, essentielles à la contraction (systole) et à la relaxation (diastole) du cœur.

 

Les personnes touchées peuvent présenter diverses complications, allant d’essoufflements à l’effort, palpitations et malaises, jusqu’à un risque de mort subite.

 

Le Centre de référence des cardiomyopathies et troubles du rythme cardiaque héréditaires ou rares (CM-TRC) de l’AP-HM, dirigé par le Pr Gilbert Habib, assure la prise en charge de ces patients. Il est implanté au sein du service de cardiologie et d’insuffisance cardiaque de l’hôpital de la Timone Adultes.

 

L’équipe du centre de référence des cardiomyopathies et troubles du rythme cardiaque héréditaires

Une étude sur 55 patients touchés par la CMHo

La prise en charge de la CMHo repose principalement sur des traitements médicamenteux visant à réduire la contractilité cardiaque et à ralentir le rythme du cœur. Lorsque cette approche s’avère insuffisante, des interventions invasives peuvent être envisagées, mais leur disponibilité limitée et les risques associés en restreignent l’utilisation.

 

Le mavacamten, un inhibiteur sélectif de la myosine cardiaque, représente une nouvelle thérapie ciblée. En réduisant les liaisons excessives entre la myosine et l’actine, il permet au muscle cardiaque de mieux se relâcher et de normaliser sa contractilité, entraînant une amélioration des symptômes chez les patients atteints de CMHo.

 

Si les effets du mavacamten sur la fonction systolique et l’hémodynamique sont bien documentés, son impact sur la fonction diastolique et le remodelage de l’oreillette gauche reste encore peu caractérisé.

 

Dans une étude récente dirigée par le Pr Habib, les chercheurs ont évalué l’effet du mavacamten chez ces patients en examinant en détail ces critères.

 

Entre janvier 2024 et mars 2025, 55 patients atteints de CMHo ont été inclus dans cette étude monocentrique menée au centre de référence CM-TRC de l’AP-HM. Tous présentaient un gradient intraventriculaire gauche ≥ 30 mmHg et une fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) ≥ 55 %.

 

Chaque patient a été traité par mavacamten, avec pour objectif de réduire le gradient à < 30 mmHg tout en maintenant une FEVG ≥ 55 %. Le traitement a été initié à une dose standard et ajusté toutes les 4 à 6 semaines en fonction des résultats des échocardiographies.

Le mavacamten améliore la fonction diastolique chez les patients CMHo

Pour évaluer l’effet du mavacamten, les chercheurs ont recueilli divers paramètres échocardiographiques avant l’initiation du traitement et après stabilisation de la dose thérapeutique de mavacamten.

 

Après une titration moyenne de 5 mois, l’étude a montré que l’initiation du mavacamten était associée à une amélioration des paramètres diastoliques et à une réduction du volume de l’oreillette gauche, ainsi qu’à des effets cliniques et hémodynamiques favorables chez les patients atteints de CMHo. Aucun effet indésirable sur la fonction systolique n’a été observé.

 

Les auteurs ont toutefois noté une dissociation entre la récupération structurelle et fonctionnelle de l’oreillette gauche, suggérant un remodelage complexe qui mérite d’être étudié plus en profondeur pour mieux comprendre les effets à long terme.

 

Cette étude prospective menée en conditions réelles démontre que le mavacamten induit des changements rapides et cliniquement significatifs chez les patients atteints de cardiomyopathie hypertrophique obstructive en seulement 5 mois de traitement.

 

Merci à toute l’équipe impliquée dans ce projet, en particulier au Pr Gilbert habib !

 

Pour aller plus loin, lien vers l’article

internet-card-actu-maladies-rares.png