Myopathies : mise à jour 2025 des listes de gènes pour le diagnostic

Le diagnostic des myopathies peut être complexe en raison de leur grande diversité génétique. Une étude coordonnée par le Dr Svetlana GOROKHOVA, sous l’égide de la Commision Génétique moléculaire de la Filière Nationale des Maladies Rares Neuromusculaires FILNEMUS (coordination Pr Mireille COSSEE, Emmanuelle PION, Pr Martin KRAHN, Pr Shahram ATTARIAN) a permis d’actualiser les listes de gènes impliqués dans ces maladies, afin de raccourcir les délais diagnostiques et d’améliorer l’efficacité du parcours des patients.

 

De gauche à droite: Pr Shahram ATTARIAN,  Dr Svetlana GOROKHOVA et Dr Martin KRAHN

 

Les myopathies regroupent près de 200 maladies rares touchant les muscles. Elles peuvent survenir à tout âge et entraîner notamment une faiblesse musculaire progressive, une fatigabilité importante, des douleurs ou des difficultés dans les mouvements ou les activités de la vie quotidienne. Leur évolution et leur sévérité sont très variables selon la maladie. Les modalités de prise en charge sont donc adaptées à chaque pathologie et à chaque patient.

 

La grande majorité des myopathies étant d’origine génétique, l’identification de l’anomalie génétique responsable est un élément essentiel du diagnostic et de la prise en charge.

 

À l’AP-HM, les patients atteints de myopathies sont pris en charge au sein du Centre de référence maladies rares (CRMR) coordonnateur des maladies neuromusculaires PACA-Réunion-Rhône-Alpes (PACARARE), dirigé par le Pr Shahram ATTARIAN. Le centre associe une équipe dédiée aux patients adultes, coordonnée par le Pr ATTARIAN, et une équipe pédiatrique, dont la responsable est le Dr Cécile HALBERT. PACARARE est membre de la filière nationale des maladies neuromusculaires rares FILNEMUS, également dirigée par le Pr ATTARIAN.

Un diagnostic génétique complexe

Le diagnostic génétique des myopathies peut être particulièrement complexe, car de nombreux gènes différents peuvent être responsables de maladies présentant des symptômes parfois similaires.

 

Les techniques de séquençage à haut débit permettent aujourd’hui d’analyser simultanément de nombreux gènes. En pratique, il est souvent préférable de commencer par une liste de gènes ciblée, avant d’élargir les analyses à l’exome ou au génome lorsqu’aucun diagnostic n’est identifié.

 

Toutefois, sans recommandations communes sur les gènes à analyser, les listes peuvent varier d’un laboratoire à l’autre, avec un risque de différences dans les résultats et de délais diagnostiques plus longs.

 

Pour harmoniser les pratiques à l’échelle nationale, FILNEMUS avait mis en place en 2018 une première stratégie diagnostique reposant sur 200 gènes répartis en 13 listes, selon les caractéristiques cliniques des patients.

Mise à jour des listes de gènes en 2025

Une étude coordonnée par le Dr Svetlana GOROKHOVA, généticienne dans le service de Génétique Médicale Biologie dirigé par le Pr Martin KRAHN et au sein de la Plateforme de Médecine Moléculaire et Génomique de Marseille (M2GM), en collaboration avec l’ensemble des laboratoires français de diagnostic génétique du réseau FILNEMUS, a permis d’actualiser cette stratégie.

 

Les auteurs ont réévalué les données disponibles sur les relations entre les gènes et les myopathies et intégré les découvertes génétiques les plus récentes pour une actualisation nationale de la stratégie de diagnostic génétique.

Une nouvelle liste de gènes pour accélérer le diagnostic

L’une des principales nouveautés de cette étude est la création du « Major Muscle Genes Panel », qui regroupe les gènes responsables des maladies musculaires génétiques les plus fréquentes, à partir des données recueillies auprès de tous les centres diagnostique du réseau FILNEMUS.

 

L’introduction de cette nouvelle liste de gènes permettra d’obtenir rapidement une réponse afin d’exclure ou de confirmer les maladies musculaires génétiques les plus fréquentes.

 

La stratégie diagnostique actualisée intègre également l’analyse de 40 gènes dits « actionnables ». Cette notion désigne les gènes pour lesquels l’identification d’un variant pathogène peut conduire à une prise en charge médicale spécifique et adaptée du patient.

 

L’identification précise de ces anomalies génétiques peut ainsi avoir des conséquences concrètes sur la prise en charge : elle peut permettre de mettre en place des mesures préventives, de ralentir l’évolution d’une maladie ou, dans certains cas, de proposer un traitement ciblé.

 

Si ces analyses ne permettent pas d’établir un diagnostic, les cliniciens pourront alors élargir progressivement les investigations :

 

  • vers l’analyse de la liste étendue de gènes;
  • vers une analyse de l’exome;
  • ou directement vers une analyse du génome

 

Cette stratégie actualisée s’inscrit dans la coordination et l’homogénéisation nationale du diagnostic génétique des myopathies, portée par la Commision Génétique moléculaire FILNEMUS depuis sa création en 2016.

 

 Elle devrait ainsi contribuer à réduire les délais d’obtention des résultats génétiques, à limiter les analyses inutiles et à faciliter l’accès aux plateformes nationales françaises de séquençage du génome (Plan France Médecine Génomique).

 

Merci à l’ensemble des équipes ayant contribué à ce travail et à l’amélioration du diagnostic génétique des maladies neuromusculaires.

 

Pour aller plus loin voici la publication

 

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