L’Hôpital de la Timone, établissement de référence pour la thérapie génique UpstazaTM
L’Hôpital de la Timone à Marseille fait partie des trois établissements en France autorisés à administrer la thérapie génique Upstaza™. Cette habilitation marque une avancée significative pour l’amélioration du pronostic des enfants atteints de déficit en AADC et pour le développement de la thérapie génique en France.
Depuis une vingtaine d’années, la thérapie génique, une stratégie thérapeutique reposant sur l’utilisation de matériel génétique, suscite un réel espoir pour la prise en charge des maladies génétiques rares.
UpstazaTM (Eladocagène exuparvovec) est un médicament de thérapie génique indiqué chez les patients âgés de 18 mois et plus présentant un diagnostic clinique, moléculaire et génétiquement confirmé de déficit en décarboxylase d’acide L-aminé aromatique (AADC) associé à des signes cliniques sévères notamment un retard global du développement, une hypotonie sévère, des troubles du mouvement (dystonie, crises oculogyres) et des dysfonctions neurovégétatives (troubles thermiques, digestifs, hypersudation), souvent associées à des troubles du sommeil et du comportement.
Le déficit en AADC est une affection dans un seul gène, le gène DDC, codant l’enzyme AADC. Cela affecte la biosynthèse de neurotransmetteurs, des molécules libérées par les neurones permettant la transmission de messages à d'autres cellules. Il s’agit d’une maladie métabolique rare à transmission autosomique, c’est-à-dire portée par un chromosome non sexuel, et récessive, ce qui signifie que les deux gènes doivent être mutés pour que la maladie s’exprime.
Le traitement UpstazaTM utilise un virus particulier (adéno-associé de stérotype 2 ou AAV2) contenant une copie du gène DCC humain, et est administré en une seule intervention par chirurgie de très haute précision (stéréotaxique) au niveau d’une structure cérébrale profonde, le putamen.
Trois établissements français autorisés à utiliser le UpstazaTM
UpstazaTM ne dispose à ce jour d’aucune autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le monde. Une demande d’AMM est actuellement en cours d’évaluation au niveau européen, selon la procédure centralisée, impliquant une analyse approfondie de la qualité, de l’efficacité et de la sécurité du médicament.
En France, l’accès à UpstazaTM repose sur une autorisation d’accès précoce délivrée par décision du Collège de la Haute Autorité de santé (HAS), au laboratoire exploitant (PTC Therapeutics) sur la base de l’évaluation du rapport bénéfice/risque au regard des données cliniques disponibles. Cette autorisation, temporaire et renouvelée annuellement, est strictement encadrée.
L’utilisation d’UpstazaTM est ainsi limitée à trois établissements de santé répondant à un ensemble de critères définis par arrêté ministériel et autorisés par la DGOS : le Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild à Paris et l’Hôpital de la Timone. Cette restriction garantit que le traitement soit administré par des équipes hautement spécialisées et que les patients bénéficient d’un suivi renforcé.
TUne expertise reconnue des équipes Marseillaises
La labellisation récente de l’Hôpital de la Timone illustre en particulier l’expertise reconnue et la collaboration multidisciplinaire de ses équipes: Oncopharma Timone (Dr Pourroy) dont les activités incluent les MTI et thérapies géniques, le service de neurométabolisme pédiatrique (Pr Milh) et le service de neurochirurgie pédiatrique (Pr Scavarda).
De gauche à droite: Celine Cudejko, Dr Bertrand Pourroy, Dr Flavia PIAZZON, Pr Mathieu Milh et Pr Didier Scavarda
Ce dispositif permet ainsi un accès anticipé à une innovation thérapeutique majeure, tout en garantissant un haut niveau d’exigence scientifique, réglementaire et de sécurité, dans l’attente de la décision européenne d’AMM.
La prescription d’UpstazaTM est réservée aux spécialistes en neurologie et/ou pédiatrie, exerçant dans un centre maladie rare (CRMR ou CCMR) membre des filières G2m ou Brain-Team, après avis de la Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) nationale.
Ce traitement nécessite un suivi spécifique sur une durée d’un an, selon un calendrier de visites prédéfini. Tous les patients traités sont suivis et surveillés selon les modalités définies dans le protocole. L’ensemble des données de surveillance collectées par les cliniciens prescripteurs est centralisé, analysé par laboratoire exploitant, puis transmis à l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM). En parallèle, il est recommandé aux patients et à leurs familles de participer à une étude de suivi à long terme (5 ans) visant à évaluer les potentiels effets indésirables et la durabilité de la réponse, dans le cadre du registre AADCAware.
Félicitations aux équipes marseillaises pour leur mobilisation quotidienne en faveur de l’amélioration de la prise en charge des patients.
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